La continuité et l’innovation

Valerie Wendenburg, May 6, 2010
Du 18 au 25 mars, le monde s’est donné rendez-vous à Bâle – et dans sa communauté israélite: la Baselworld attirait les exposants, les acheteurs et beaucoup d’autres qui travaillent dans le domaine des montres, bijoux, pierres précieuses ou dans des secteurs affiliés.
PIERRE BERNHEIM Le représentant de la 3ème génération d’une dynastie fondée en 1976

La branche paraît sortir renforcée de la crise: 1915 exposants et près de 100 000 visiteurs de la profession, provenant du monde entier, étaient venus à Bâle en même temps que le printemps afin d’assister à la Baselworld pendant les huit jours que dure le salon de montres et bijoux le plus important du monde.

Maison de tradition prospère

Parmi eux se trouvait Pierre Bernheim, directeur régional de vente de Raymond Weil, qui représente la troisième génération de l’entreprise familiale fondée en 1976 par son grand-père à Genève. Côte à côte avec son père Olivier Bernheim, président et CEO de la société, et son frère Elie, directeur du marketing, il représente l’entreprise suisse qui opère sur les marchés de 90 pays. Tout comme les diverses générations de la famille personnifiant la marque Raymond Weil, sa collection offre des modèles fort divers pour chaque âge et les différentes phases de vie. La gamme des montres va du luxueux jusqu’au juvénile et dynamique, tout comme les prix des modèles individuels qui varient considérablement selon leur détails. «Au cas par cas, nous nous adaptons aux besoins de nos clients», explique Pierre Bernheim. «En Israël, par exemple, on porte plutôt de grandes montres. Dans d’autres pays toutefois, elles doivent se présenter plus discrètement. » Ce qui n’a pas empêché l’entreprise de démontrer sa flexibilité également pendant la crise de l’année passée: « Nous avons aligné quelques-uns de nos modèles en les faisant moins luxueux pour nous montrer proches de nos clients», Pierre Bernheim le souligne. En privé, il est amateur d’aviation et porte une montre de la collection «Freelancer».

En même temps, cependant, de nouvelles collections ont été dessinées et présentées lors de la Baselworld. La «Nabucco Va Pensiero», par exemple, manufacturée en titane est qualifiée par Raymond Weil de «chef-d’œuvre». La collection a été nommée selon l’opéra de Verdi, «car ma mère est une pianiste et épaule notre en­treprise de famille», dit Bernheim. Selon le World Watch Report 2010, la société est un des vainqueurs de la branche: pendant que la demande mondiale en montres augmentait généralement de 24,5 pour cent comparée à l’année précédente, l’intérêt des acheteurs en la catégorie «High Range» dont Raymond Weil fait partie était en hausse de 42,5 pour cent.

Continuité et nouvelles perspectives

La puissance et l’innovation ont également été remarquées au sein du Groupe Movado, qui se présentait comme auparavant en position éminente dans le Hall 1. Son CEO Efraim Grinberg parle de «nouvelles perspectives» et d’«une pensée fraiche en faisant référence à de nouveaux produits créatifs ainsi qu’à la collection «Master», qui a été perfectionnée et peut être obtenue maintenant avec des diamants noir et brun. Antonio Calce, président de la marque suisse de montres Corum et successeur de Severin Wunderman, par contre, pense qu’il faudra peut-être longtemps jusqu›à ce que la branche se sera rétablie complètement. A la Baselworld il pouvait néanmoins se réjouir à bon escient, car la collection «Golden Bridge» a célébré son 30ème anniversaire et la ligne «Admiral’s Cup» son 50ième – des jubilés qui démontrent une belle continuité.

Fier et renforcé

Ali Aivdar, CEO de l’Israel Diamond Institute, juge la situation plutôt positivement en disant: «Je vois la lumière à la fin du tunnel» et en soulignant que «les temps les plus mauvais» sont passés. Il est fier de se référer au fait que l’industrie israélienne du diamant a surmonté la crise par sa propre force et sans subside de l’Etat. Même si les deux ans passés ont été les plus difficiles des dernières 30 années, Israël aurait maîtrisé ce défi relativement bien et serait sorti renforcé de la crise. Exemple: l’entreprise Yvel, fondée en 1986 et dirigée par Oma et Isaac Levy, qui ont changé d’idée avec leur collection actuelle «Arc-en-ciel» et ont pour la première fois lancé une ligne de bijoux sans perles, suivant la devise de «jeune, sexy et moderne».

Croissance distincte

Dans l’ensemble, la branche paraît se rétablir plus vite que prévu. L’industrie des montres suisses perdait en 2009 22,3 pour cent à l’exportation mais, dans l’année courante, l’Association des exposants ­ suisses pouvait déjà constater une croissance très nette. Le chiffre d’affaires du mois de janvier a d’ores et déjà dépassé celui de l’année précédente de 2,7 pour cent, et la tendance est à la hausse. Cela se faisait remarquer aussi à Bâle, et non seulement sur le site de la Foire, mais aussi auprès de la Communauté israélite de Bâle, où les visiteurs se sentent les bienvenus chaque année. Le vendredi soir, la synagogue a été bien fréquentée, tout comme le restaurant Topas qui s’est vu confronté à une vérita­ble foule d’hôtes. Ainsi, a-t-on pu aussi cons­tater après l’heure de fermeture de la Baselworld que la branche a foi en l’avenir, spécialement par des temps économiquement difficiles au cours desquels elle continue d’être présente à Bâle au salon de montres et bijoux le plus important du monde.