En route pour l’équilibre comptable, la CILV aussi sur la voie symphonique

Olivier Kahn, March 25, 2010
Après une période de réorganisation, la communauté vaudoise se concentre sur les questions rabbiniques, le centenaire de sa synagogue et sa jeunesse.
Lionel Elkaim «Prêté» à la Communauté de Fribourg

L’assemblée générale du 21 mars aurait bien mérité son qualificatif d’ordinaire. Mais sans doute inquiets du trop grand calme et de la quasi-unanimité régnants, quelques membres ont tenté de souffler sur les vieilles braises. Sans succès.

Forte de 103 présents sur les quelque 820 membres représentant 599 familles
(l’an 2009 a été marqué par 23 décès et l’arrivée de 15 nouveaux noms), c’est dans une ambiance d’unanimité (malicieusement qualifiée de «stalinienne» par certains) que la séance avait commencé.

En famille

Car, s’il est vrai qu’on peut difficilement rêver personne moins totalitariste que le président Antoine David, son bilan intermédiaire (il est aux deux tiers de son mandat) avait quelque chose d’idyllique. Non qu’il élude les difficultés mais parce que, entre le déficit ramené de 500 000 à 170 000 francs et ses vibrants remerciements à tous ceux qui œuvrent pour la CILV, c’est d’une communauté recouvrant une pleine santé qu’il a presque tout du long été question. A telle enseigne que, sans une poignée de mauvais payeurs de cotisations risquant désormais l’exclusion, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes (possibles). Et que, les comptes 2009 comme le budget 2010 ayant été très largement approuvés, une forme d’équilibre est en vue . Même si, comme l’a souligné Edouard Argi, le responsable du dicastère des finances, entre le non-paiement du poste rabbinique et des legs ou dons inattendus, l’année 2009 a été exceptionnelle. Du coup, la hausse des cotisations visant à rééquilibrer les classes et grimpant de l’indice 100 à l’indice 115 est passée comme une lettre à la poste (1 voix contre et 7 abstentions). Et, tout en gardant à l’esprit que – même avec un poste important de services bien vendus à l’extérieur comme dans le cas de la restauration – le centre communautaire ne peut qu’être déficitaire même s’il est de grande qualité, il a pu être question de l’avenir.

D’abord sous la forme du prochain centenaire de la synagogue dont Elie Elkaim a exposé les grandes lignes. A savoir, une cérémonie d’ouverture très officielle le 4 novembre avec les autorités de la Ville et du canton en souvenir de leur appui en 1910, une exposition au Forum de la Ville (pour laquelle la Ville a plus qu’aimablement changé son calendrier), 3 concerts publics de musique juive, 1 série de conférences et – peut-être surtout... – en complément aux shabbaoth jeunesse et communautaire, dans l’esprit de famille et d’utilité publique caractérisant une grande et joyeuse fête le samedi 13 novembre. Certes, on ne parle plus des 500 000 francs initialement rêvés et le comité est passé à un budget d’environ 140 000.- mais un siècle de vie au sein de et au service de la Cité les valent bien et, d’ailleurs, chacun est invité à s’investir comme il le pourra ou sentira à cette fête de 5 générations de présence officielle. Cinq générations qui, à en juger par le taux de réponse aux récentes actions jeunesse devraient se perpétuer, a précisé Antoine David.

Solidarité intercommunautaire

Pendant ce temps-là, les responsables des affaires religieuses n’ont pas chômé, a expliqué Sigi Hanhart. Outre la fin du cursus du délégué rabbinique Lionel Elkaim qui devrait être prochainement intronisé comme rabbin de Lausanne, la recherche d’un Hazan se poursuit. Quatre candidats sont sur les rangs et, sollicité de toutes parts, Alain Blum qui connaît la communauté comme sa poche et en semble très apprécié pourrait finalement se mettre sur les rangs s’il arrive à concilier le plein temps requis avec sa vie familiale. Toutes choses qui n’ont pas empêché une mem­bresse de s’étonner du fait que Lionel Elkaim soit «prêté» à raison de 10 Shabbaoth par an à la Communauté de Fribourg. Expliquant que cette décision avait été prise en accord avec l’intéressé et au nom de la solidarité avec une communauté qu’il anime religieusement depuis13 ans, Antoine David a été largement approuvé puis applaudi. Au rayon du psychodrame, deux membres ont tenté de proposer qui un vote «réhabilitant» le rabbin Krief et le «réintégrant» dans la CILV, qui – après moult circonvolutions oratoires pour ne pas en dire le nom... – la nomination de Bernard Geller, conseiller du premier à l’époque des affrontements avec le comité, comme membre d’honneur... Malgré l’indignation d’intervenants de l’envergure d’Anne Weill-Lévy et Jacques Cohen-Dumani puis Edgar Bloch qui se sont charitablement bornés à inviter l’assemblée à ne pas oublier que «l’affaire» s’était terminée à l’avantage de la communauté mais devant un tribunal civil, le président a calmement et magistralement renvoyé les motionnaires en question aux statuts en les invitant à s’y reprendre réglementairement... l’année prochaine.