De Richard Goldstone à Gilad Shalit

Louis Bloch, May 6, 2010
Dans les tergiversations juridiques du «machin de Strasbourg», une lueur tout de même.
L’AFICHE Image contre image, la guerre se déplace peut-être

Dans l’après-midi du 10 mars der­nier M. Noam Shalit a été entendu au Parlement européen sur le calvaire de son fils Gilad aux mains du Hamas depuis bientôt quatre ans. La douloureuse dignité de ce père, qui court le monde pour arracher son fils des griffes de l’organisation terroriste qui le séques­tre, a fortement impressionné l’auditoire de députés, journalistes, et sympathisants réunis par la député centriste (PPE), Mme Sari Essayah et l’association belge de soutien à Gilad Shalit. Cette dernière a inscrit Gilad au prochain marathon des 20 km de Bruxelles. Un coureur y participera à sa place et sous son nom, lequel figurera ainsi que sa photo sur le tee-shirt du coureur.

M. Noam Shalit a décrit les conditions inhumaines de la détention de son fils en violation de toutes les conventions humanitaires internationales.

Le lendemain, 11 mars, a été votée une résolution présentée par les principaux groupes politiques, de la droite à la gauche et aux Verts, demandant la «libération immédiate du sergent Gilad Shalit».

Après avoir évoqué, notamment, les Conventions de Genève de 1949, la Conven­tion internationale de 1979 sur la prise d’otages, la résolution énonce des motifs qui sortent du politiquement ordinaire. Par exemple:

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Considérant que le caporal (aujourd’hui sergent) Gilad Shalit a été enlevé le 25 juin 2006 par le Hamas sur le sol israélien.

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Considérant que le sergent Shalit a la citoyenneté européenne (française) et israélienne.

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Considérant que, depuis qu’il a été pris en otage, le sergent Shalit est gardé au secret à Gaza où il est privé des droits fondamentaux prévus (...) dans la troisième Convention de Genève de 1949.

En conséquence le Parlement européen demande la libération immédiate du sergent Shalit mais encore

- exhorte le Hamas à tenir sa promesse et à accorder au sergent Shalit les droits et privilèges prévus dans la troisième Convention de Genève de 1949.

Il faut ajouter que la résolution insiste sur le fait que des mesures venant de l’ensemble des parties et visant à instaurer un climat de confiance mutuelle, notamment la libération d’un nombre significatif de prisonniers palestiniens, est de nature à créer des conditions favorables à la libération du sergent Shalit.

Cette résolution a suscité de nombreux amendements visant à y inclure la condamnation vigoureuse d’un représentant du Hamas à Dubaï, ou la libération immédiate des «milliers de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes» etc...

Tous ces amendements ont été rejetés et la résolution commune a été votée et ­adoptée. Comme j’exprimais des doutes sur son efficacité une personne proche des rédacteurs de la résolution m’a rassuré: «Le Hamas est très attentif à ce qui vient de l’Union Européenne. Actuellement il cherche à rétablir son image et à acquérir une respectabilité.» Soit.

La veille, cependant, le Parlement européen a voté un texte des groupes de gauche sur «la mise en œuvre des recommandations du rapport Goldstone sur Israël et la Palestine». Cette résolution , de façon plus ou moins sournoise, fait preuve d’une partialité, d’une stigmatisation d’Israël que l’on n’aurait pas attendues d’une institution européenne. Ainsi, sont passés sous silence les causes du conflit, les tirs ciblés du Hamas sur les villes israéliennes; et il est considéré «que la crise humanitaire dans la bande de Gaza s’est encore aggravée en raison du blocus, qui est contraire au droit humanitaire international». Sans que ne soit mentionnés le trafic d’armes ou l’infiltration de terroristes qui ont entraîné la fermeture des frontières; sans que ne soit indiquée l’ouverture du point de passage pour l’aide humanitaire. Etc.

Tout ce qui est excessif est insignifiant dit le proverbe. L’essentiel est le retour de Gilad Shalit en Israël. A suivre.