logo
Revue Juive Nr. 05 2011 Ausgabe: Nr. 5 » December 16, 2011

L'Initiative de Genève «2.0» et JCall-Switzerland

Par Olivier Kahn, December 16, 2011

Encore de l'ordre du symbolique, voire parfois de la société du spectacle pour l'une, et indépendantes mais concomitantes, deux «voies» procédant peut-être de l'utopie mais aussi, au dire de leurs partisans, de la seule approche «réellement viable». «Réellement» ?
JCALL-SWITZERLAND De droite à gauche (mais sans connotation politique…), l'ambassadeur de Suisse François Nordmann, le professeur Marcelo Kohen, le professeur et modérateur René Schwok, l'ambassadeur de Suisse Philippe Lévy, Gisela Blau (journaliste de et à tachles), le président de La Paix Maintenant (France) et cofondateur de JCall David Chemla et, de biais, l'ancien directeur de «Time» (Europe) Marko Weinberger

Aucun des deux événements n'a fait la une des journaux, ni la tête des revues de presse radiotélévisées. Et pourtant, à entendre huir les «faucons sécuritaires» du conflit israélo-palestinien dès qu'on les évoque, non seulement ils existent mais ils «tournent». Qui plus est, au moins en termes du nombre  de signatures ou d'adhésions recueillis, ils «régatent» même, parfois, avec les courants opposés (voire carrément nés en réaction contre eux et généralement plus anciens ou mieux structurés). Exemple:  initié en 2010 sur les traces de JCall aux Etats-Unis, «L'Appel à la Raison» a “fait” jusqu'à ces jours quelque 8000 signatures. Moins que son adversaire direct «Raison Garder» avec ses 11 500 paraphes et certainement peu en regard des 14 millions de Juifs censés vivre de par le monde. Mais pas rien non plus, surtout  si, question d'échelle, on songe que, JStreet, le mouvement protestataire parti des USA en 2008 en réaction à l'AIPAC (American Public Affairs Committee,  le puissant lobby pro-israélien tendance Likoud bon teint) recense  actuellement 175 000 adhésions. Et il n'empêche: sans être spécialement «people», à voir les noms  et qualités de ceux qui se sont penchés sur le berceau de JCallSwitzerland ou sur celui de l'Initiative de Genève 2.0, on veut bien que tous les partisans d'un partage juste et durable au Proche-Orient soient des naïfs mais c'est un peu court  tout de même. Surtout lorsqu'on les écoute et, tel David Chemla, le président de La Paix Maintenant en France, cofondateur de JCall et coordinateur du livre «Les raisons d'un appel»* explique ce sur quoi il fonde son raisonnement comme son espoir. Retour sur deux événements à ne pas apprécier en fonction des statistiques mais pour ce dont ils sont les vecteurs.  Réellement . 
* Editions Liana Levi



Mardi 22 novembre, Uni Mail

Genève 2.0, on tourne… Salle comble et très nombreux participants assis sur des marches devant un écran géant: l'encore présidente de la Confédération Micheline Calmi-Rey, Yossi Belin (ancien membre de la Knesset et président du Meretz, ministre des gouvernements Rabin, Peres et Barak), Yasser Abed Rabbo (secrétaire général du comité exécutif de l'OLP et chef de la Coordination palestinienne pourlaPais), Gaddoura Fares (ancien ministre, président du Club des anciens prisonniers palestiniens, deux «jeunes activistes» (palestinienne et israélienne), Yitzhak Vaknin (un des responsables du Shas et vice-président de la Knesset), Hossam Zaki (conseiller spécial du ministre égyptien des AE) et un certain «BHL»  font plus qu'un tabac. La présidente  affirme que Genève 2.0 n'est pas un «remake» de l'accord conclu en 2003 entre les sociétés civiles concernées mais une idée qui a grandi pour faire maintenant 500 pages* couvrant «tous les aspects du conflit et devenir la référence la plus souvent citée car elle aborde tous les détails de la paix. Lors même que l'absence de progrès et même de négociation depuis 2008 rendent plus pressant le devoir d'ingérence car si la question de la sécurité d'Israël est incontournable, «les Palestiniens ne peuvent accepter moins qu'un Etat dans les frontières de 1967 avec des échanges territoriaux agréés et Jérusalem-Est comme capitale».  Et, tout en annonçant non du sang et des larmes mais des difficultés et des embûches, la présidente de réaffirmer sa foi  en une solution, imparfaite certes mais  réellement négociée comme elle l'est par les deux sociétés civiles dans le nouveau document* (www.geneva-accord.org). Bien évidemment, aucun des orateurs lui succédant ne l'a contredite  et de Belin à Rabbo, via  «BHL» «déjà ici il y a 8 ans mais présent aujourd'hui et demain tant que nécessaire» on a appelé  «MCR» à bientôt présider lun futur Comité de liaison israélo-palestinienne permanente. Moins mondainement, Yasser Rabbo a répondu à une interpellation critiquant son compromis: «Je ne veux pas d'autre Nabkah!»; Yossi Belin a affirmé que Nétanyahou fait fausse route mais que le rôle de l'initiative est de prévenir la catastrophe annoncée; l'ancien prisonnier Gaddoura Fares a réaffirmé sa foi en l'Initiative, «plus nécessaire que jamais»; Yitzhak Rafidi, l'homme du Shas (qui confiait ensuite en aparté s'être entretenu avec Marwan Bargouti, le leader palestinien condamné à 3 ou 4  perpétuités en Israël)  a comparé  le conflit à la coexistence de l'eau et du feu. Impossible de les faire aller ensemble. Sauf avec une bonne casserole, un médiateur…  comme l'initiative 2.0 !

* www.geneva-accord.org

11.XII.11
JCall-Switzerland à MA.COM 

Avec une centaine de personnes, la naissance de JCallSwitzerland* a été plus discrète. Mais les impénitents militants d'une solution équitable et durable savent que la valeur ne dépend pas du nombre des unités. C'est donc presque sans surprise qu'on a pu voir l'ancienne présidente de la Confédération Ruth Dreifuss parmi les personnes venues  participer au lancement de la branche suisse de JCall. Son président, Marko Weinberger (ancien directeur de «Time» pour l'Europe)  a rappelé que si tout Juif est concerné par Israël, les trois quarts d'entre eux vivent en diaspora. Ce qui implique à tout le moins une certaine forme de droit au retour… sur ce qui s'y passe. Et que, JCall affirme son soutien indéfectible à l'existence d'Israël mais pense que la politique israélienne de plus en plus agressive éloigne la solution du conflit et va affaiblr Israël, la seule solution étant celle d'un Etat palestinien viable à ses côtés. Une ligne directrice ensuite déclinée de diverses manières. Pragmatique avec David Chemla  faisant le point  des rélalisations de JCall en termes d'avenir, de sécurité et identité. Diplomatique avec l'ancien ambassadeur de Suisse François Nordmann qui a su résumer très simplement  six décennies d'avancées et de reculs sur un front en fait sous le régime du temps long avant de conclure: «La diplomatie, ce n'est pas de s'aimer mais d'au moins pouvoir se parler: retournez donc à cette fichue table!» Internationalement juridique avec le professeur de droit Marcello Kohen pour qui la diaspora a le rôle fondamental de rappeler à ses devoirs la «communauté internationale», notamment l'ONU, et pour qui le sionisme ne consiste plus, aujourd'hui à définir de nouvelles implantations mais à pérenniser l'Etat d'Israël dans le possible. Journalistique avec Gisela Blau, de «Tachles», qui avec la presque infinie variété des réactions rencontrées en Suisse dès qu'il s'agit d'Israël a fait le tour d'un immense «sujet  ne cessant de l'étonner». Philosophique avec l'ancien ambassadeur de Suisse Philippe Lévy (qui a commenté quelques aspects de la pensée de l'historienne israélienne «post-sioniste» Idith Zertal (enseignant actuellement à Bâle ) sur l'autoblocage israélien puis réaffirmé que la seule voie est celle de la négociation (une plate-forme de paix existant et l'existence de partenaires étant confirmée). Moment particulièrement pointu: en conclusion, David Chemla a expliqué ce qui le fait croire en l'avenir concret de JCall, à savoir ce qui vient de se passer en Israël avec l'heureux dénouement de l'affaire Gilad Shalit.  Dans laquelle, en acceptant de négocier pour les transferts avec le Hamas, le gouvernement Nétanyahou a bel et bien «bougé» ses lignes rouges**. Selon lui il en ira de même avec les territoires. A cela, 4 raisons: en réalité, 80% des deux populations soutiennent un accord; au plan sécurité, le risque est assumé avec l'accord du Shin Bet; en fait les partenaires sont là; il ne manque que la volonté du gouvernement pour faire aboutir la négociation. Et JCall cherche à enclencher ce processus.    ●

http://jcallswitzerland.wordpress.com/



» zurück zur Auswahl


Mehr zu diesem Thema...