Heureuse comme communauté en Suisse
Homme avisé, Antoine David ne dresse pas l’état de sa communauté en se référant aux turbulences des années précédentes. Mais les termes de «cohésion et unité retrouvées» qu’il prononce parfois sont plus que des indications sur la réalité vécue des quelque 1200 membres (pour 600 foyers) de la CILV, beaucoup d’entre eux se disant vraiment heureux de voir certaines pages tournées. «Avec le centenaire, on a senti la communauté unie autour de forces émanant de tous les membres, quel que soit leur rôle, et je ne peux m’empêcher de penser que cet élan magnifique est aussi lié au travail du comité sur le plan de la gestion, de l’administration et de la restructuration ainsi qu’au sentiment de confiance qui a été établi», commente le bientôt ex-président. De fait, au rayon toujours sensible des finances, sur un budget global de 1 800 000 francs, le déficit pour l’année 2010 aura été ramené à quelque 200 000 francs (avec sur trois ans une moyenne de 150 000 contre 450 000 il y a quelques années). De plus les chiffres 2010 englobent environ 50 000 francs d’arriérés de cotisations auxquelles il a finalement été renoncé ( mais, sommés de se mettre en règle cinq «gros cotisants» ne font plus partie de la communauté). Ce qui conduit le président à rappeler: «En cas de problème, on discute et on adapte mais le respect des conditions d’adhésion à la communauté n’est pas qu’une nécessité financière: contribuer aux prestations communautaires est aussi une question d’éthique.»
Appliqué à la fréquentation synagogale, ce «resserrement des boulons» s’est notamment traduit par la décision de désormais demander aux «fidèles régulièrement occasionnels» de participer aux frais du culte (le prix d’une «place pour les fêtes» étant fixé à 250 fr.). Et a fait se demander si rigueur et ferveur peuvent aller de pair. «Bien sûr, commente Antoine David, il est parfois difficile de concilier des économies avec le maintien de certaines prestations. Mais, nous y sommes arrivés. Grâce à Michaëla Borros, le centre communautaire ne perd plus “que” 100 000 francs par an contre 180 000 il y a encore peu. Et, s’investissant vraiment à fond, l’ensemble du personnel communautaire effectue un travail vraiment remarquable.»
Autres faits dont se réjouit le président sortant: presque un an après son intronisation, la disponibilité et la simplicité du rabbin Lionel Elkaim semblent faire l’unanimité; le problème des archives de la communauté a pu être résolu et aucune donnée ne manque; la fusion de la communauté de Vevey-Montreux s’est déroulée comme prévu; les relations de la CILV avec l’école juive sont très bonnes; last but not least, sous l’impulsion de Sylvie Bercowitz, les activités de la jeunesse ont une fréquentation en forte hausse.
Parmi les tâches attendant la prochaine équipe, si la réalisation de la maison juive vaudoise semble quelque peu mise en sommeil, celle de la désignation d’un ministre officiant sera certainement prioritaire. Et, se borne à indiquer Antoine David, il faudrait que le prochain comité approfondisse le sillon du rayonnement extérieur comme celui des relations interreligieuses. Une considération qui amène inévitablement à se demander qui succédera à l’équipe actuelle A l’heure (et au jour…) où nous rédigeons ces lignes, si Raphaël Vadnaï, Sigi Hanhart et Antoine David quittent officiellement le comité, Marianne Gani, Mira Goldschmidt, Katia Elkaim, Marc Leipziger et Edouard Argi y resteraient. Le (ou la…) futur(e) président(e) sera-t-il(elle) l’un d’eux(d’elles)? Ou, comme cela s’est également beaucoup dit une personne bien connue de la communauté mais actuellement… Personne ne voulant confirmer (ni infirmer…) ces «on-dit», et la présidence de la CILV n’étant pas nécessairement comparable à celle de la France par Dominique Strauss-Kahn, il faudra attendre sereinement le dimanche 3 avril* pour voir qui seront les heureux élus chargés de poursuivre le travail globalement très positif sur lequel va s’achever l’«ère David».
* Dimanche 3 avril, Lausanne Palace, 18 h.


