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Revue Juive Nr.02 2010 Ausgabe: Nr. 2 » March 25, 2010

Le Beith GIL en forme de Chofar de Chêne

par Olivier Kahn, March 25, 2010
Religieusement, simplement et joyeusement à la fois, la CILG-GIL (Communauté libérale genevoise animée par le rabbin François Garaï) a officiellement étrenné ce qui sera manifestement bien plus que de seulement nouveaux locaux.
A LA TORAH Le comité de la CILG-GIL (Raphaël Yarisal, Thierry Halff, Dominique-Alain Pellizari, Marc Hassberger, Miriam Dicker, Robert Holland, Karin Rivollet, le rabbin,m François Garai, Jean-Marc Brunschwig, Eve Gobbi, David Bernstein, Mario Castelnuovo, Léo Finci, Bernard Gottlieb), lors de l’inaugural office de Shabbat

Entre une certaine gravité et une joie profonde se lisant dans bien des regards, illustrant presque le fameux passage du Kohelet sur le temps et les choses, c’est en trois moments qu’a eu lieu, du 12 au 16 mars, l’ouverture officielle de la nouvelle maison communautaire et synagogue juive libérale de Genève. D’abord avec le tout premier office du vendredi soir qui était dédié aux mem­bres du CILG-GIL Ensuite avec le très fréquenté office de Shabbat matin, suivi d’un magnifique Kiddush. Enfin, après la conférence de presse de la matinée du lundi, avec une cérémonie vespérale qui a réuni moult personnalités. Comme l’ancienne conseillère fédérale et présidente de la Confédération Ruth Dreyfuss, et le conseiller d’Etat genevois Mark Muller, la conseillère administrative Sandrine Salerno ou le président du Grand Conseil Guy Mettan et bien d’autres responsables de la Genève économique, politique, internationale et onusienne ou diplomatique. Ainsi que des dignitaires religieux d’autres confessions comme l’imam Youssef Ibram, de

la Mosquée de Genève, Mgr Farine, vicaire épiscopal du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, Philippe de Grand, modérateur de la Compagnie des pasteurs de Genève, le bonze Dawalama Dhamika, de la communauté bouddhiste sri-lankaise ou le swami Amarananda, de la communauté hindoue. Et, bien entendu, des représentants des communautés juives de Lausanne, Fribourg, Berne et Zurich. Avec – last but certainly not least – trois représentants de la FSCI en la personne de Me Sabine Simkhovitch-Dreyfus vice-présidente (et ancienne présidente de la CIG), Mme Evelyne Morali, responsable de la jeunesse, et du Dr Herbert Winter, président. Qui nous a précisé que cette présence s’inscrivait dans la continuité de la bonne coopération instaurée entre la Fédération des communautés israélites et la Plate-forme des Juifs libéraux de Suisse mais n’avait pas de sens particulier et n’était pas synonyme de changement «politique», son souhait étant d’adresser un signe de sympathie personnelle pour l’ouverture d’un nouveau centre communautaire et d’une synagogue.

L’ancêtre

Au cours de l’office de Shabbat matin, qui a bien entendu eu lieu selon le rite libéral, en l’occurrence la nouvelle version du Siddour Sefat Hanechamah mise au point par les rabbins Pauline Bebe, Tom Cohen et François Garaï en l’an 5760, on pouvait aussi noter la présence de nombreux Juifs genevois parmi lesquels – c’est par exemple le cas de l’éminent membre du barreau et député libéral Michel Halperin – certains sont simultanément membres de la CIG et du CIGL-GI. Les membres du comité, les représentants des autres communautés juives, comme Roger Chartier, vice-président de la CIG, ont été invités à monter à la Torah. Ainsi que les responsables d’associations communautaires comme la CICAD, la Wizo, le Keren Ayassod, la fondation Les Marronniers ou le Bne Brit et l’Association des Amis des invalides de Tsahal.

Parmi les différents moments particulièrement hauts en couleur et en ferveur de ces 3 jours, on retiendra peut-être celui qui vit Jean-Marc Brunschwig, le président du GIL souffler dans un superbe cor des Alpes. Mais il faut dire que celui-ci a peut-être pour lointain ancêtre le Chofar et que, justement, la nouvelle maison communautaire conçue par les architectes Daniel Schwarz et Massimo Bianco a été conçue pour avoir cette forme, ce qui serait une première mondiale. Une première qui a mis quelque 15 ans à prendre forme mais que le bonheur de pouvoir regrouper synagogue, salles de réunion, Miqveh et autres restaurant communautaire pouvant accueillir jusqu’à 800 personnes sur une surface d’ensemble de 1614 m2 semble plus que justifier. Tout comme son coût de 12 millions de francs qui ont été réunis par les membres (40 000 provenant de l’Etat genevois, notamment en raison du caractère hautement écologique et durable de l’ensemble qui a obtenu la certification «Minergie +»).

Conçu de manière que les parties communautaires et synagogale soient à la fois proches et distinctes, l’agencement de l’ensemble résulte d’une collaboration très étroite entre les architectes, le rabbin et les membres. Et si les premiers sont fiers d’avoir répondu au vœu exprimé par les jeunes du GIL avec un bâtiment consommant 1/10e de l’énergie habituellement requise pour un volume identique, «Rabbi François» ne cache pas sa satisfaction, Comme celle d’avoir senti un véritable esprit d’équipe autour du projet. Ou d’avoir pu faire aménager cinq ouvertures du mur extérieur plus étroites que celles de l’intérieur pour rappeler les 5 premiers commandements et la luminosité divine plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ou encore, du côté de la baie vitrée, le bonheur que lui procurent les 5 montants rappellant les 5 derniers commandements régissant les relations de l’individu à la société. Sans parler des 248 cm de large pour 365 de haut (248 + 365 = 613, un nombre particulièrement cher aux cœurs juifs...) de l’arche de la synagogue, en forme de Hé ( qui a long­temps été le nom donné à D-ieu) qui est dotée d’une tenture rouge cramoisi et recouverte de feuilles d’or. Comme l’était certain Temple de Jérusalem...

Un «614ème commandement»?

Cinquième de Genève et troisième en site propre, la nouvelle synagogue «du bout du lac» est solidement arrimée pour accueillir les (actuellement) 1500 Juifs membres du CGIL-GIL (une trentaine au début des années septante...). Et, comme l’ont fait remarquer tant le président Brunschwig que le décidément dynamique et charismatique «Rabbi François», ce n’est pas pour rien que les dimensions de son arche font référence aux 613 commandements. Ni que, comme, d’ailleurs d’autres murs de synagogue en Suisse et ailleurs, on peut lire sur celui de la route de Chêne: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Lévitique 19, 18) et 
«Tu aimeras l’étranger comme toi-même» (Lévitique 19, 33). Mais peut-être n’est-ce, au fond, que l‘expression d’un certain impératif plus connu sous le surnom de «614ème»..






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