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Revue Juive Nr.05 Ausgabe: Nr. 5 » December 10, 2009

L’Autorité palestinienne aurait-elle déjà opté pour une troisième Intifada...?

Richard Darmon, December 10, 2009
Censée activer la reprise des pourparlers bilatéraux avec les Palestiniens et consentie après les lourdes pressions exercées par Washington, l’annonce faite le 25 novembre dernier par le premier ministre Binyamin Nétanyahou d’un gel provisoire de dix mois de la construction dans les localités juives de Judée-Samarie n’y aura pas fait grand-chose : le leadership palestinien s’entête à exiger, pour accepter de reprendre langue avec Israël, un gel total et définitif du développement des implantations, y compris à Jérusalem-Est. Tout en préparant activement sur le terrain l’irruption d’une 3ème Intifada.

Annonce du prochain retrait politique d’Abou Mazen et du démantèlement possible de l’Autorité palestinienne (AP) qu’il dirige, incertitude sur le maintien des élections générales de l’AP en principe prévues le 24 janvier prochain, tensions exarcerbées entre le Hamas et le Fatah incapables de s’entendre pour former un gouvernement commun, « menaces » des dirigeants de l’AP de déclarer leur Etat de manière unilatérale, et enfin appels réitérés de chefs du Fatah à une «3ème Intifada»: c’est bien une énorme confusion qui règne aujourd’hui dans le camp palestinien!

Adoptant une posture faite de dérision et de désespoir feint en vue de remobiliser ses partisans du Fatah de plus en plus désorientés, Mazen a ainsi dit qu’il envisageait carrément, en cas de total blocage diplomatique, de «démanteler» les structures administratives et militaires de l’AP – ce qui en fait concrétiserait le «rêve» le plus ardent des islamistes du Hamas qui prendraient alors aisément le pouvoir en Judée-Samarie… après l’avoir déjà pris à Gaza !

Or les Israéliens et les Américains pensaient que s’il obtenait des concessions de Jérusalem ou certaines promesses américaines, Mazen ne se ferait pas trop prier pour revenir sur sa « démission » et se présenter le 24 janvier prochain pour un nouveau mandat présidentiel, tout en reprenant le dialogue avec Jérusalem tant souhaité par Washington. Mais il n’en est rien...

L’AP ne cesse de critiquer Obama et de repousser les «ouvertures» de Nétanyahou

On l’a bien vu au lendemain du 25 novembre dernier lorsqu’après l’annonce de Nétanyahou d’un gel de la construction des logements privés «pour dix mois» dans les localités juives de Judée-Samarie excepté à Jérusalem, la direction palestinienne « n’a pas failli cette fois encore à sa tradition quasi historique de rater toutes les occasions de compromis offertes par Israël: au lieu de saisir la perche qui lui était ainsi tendue par Jérusalem et par Washington, elle a ausitôt rejeté l’offre de Nétanyahou de reprendre au plus vite les pourparlers bilatéraux.

En tournée voilà quelques jours en Amérique latine, Abou Mazen a ainsi accusé à la fois le président Obama de ne «rien faire pour parvenir à la paix», et aussi mis en cause le gouvernement israélien «qui ne souhaite pas la paix»... Puis, dans la foulée, Yasser Abbed Rabo, un haut responsable de l’AP, a surenchéri en déclarant: « Véritable manœuvre politique, le plan Nétanyahou montre qu’Israël n’est pas sérieux en ce qui concerne la paix car il n’appelle pas à un gel total mais seulement temporaire de la construction dans les implantations, et de surcroît, il n’inclut pas Jérusalem!. «Le problème de Jérusalem est un dossier très sensible qui pourrait remettre en cause tout le processus de paix, a encore dit Mohammed Dahlan, actuellement considéré par une bonne partie du leadership de l’AP comme le successeur potentiel d’Abou Mazen. Le gouvernement Nétanyahou montre une nouvelle fois par là au monde entier qu’il ne veut pas de la paix et qu’il préfère créer des faits accomplis sur le terrain dans le but de séparer Jérusalem du reste des territoires palestiniens!»

Je ne suis pas certain que l’AP et ses leaders sont aujourd’hui vraiment intéressés par la relance du processus diplomatique, devait répliquer le 30 novembre le premier ministre Nétanyahou. Car il est impossible de résoudre ce conflit si tout le monde ne s’assied pas autour de la même table pour discuter ensemble. Il n’existe pas d’autre voie pour cela. C’est d’ailleurs ce qui a justifié notre décision de geler pendant dix mois la construction en Judée-Samarie.» Et d’ajouter: «L’AP doit pour sa part prendre une décision stratégique! Quant à nous, notre décision est prise: nous voulons concrétiser le processus de discussions diplomatiques. En fait, on ne peut pas dire et répéter dans le vide qu’Israël, son gouvernement et son remier ministre “ne veulent pas la paix” et que les Palestiniens la veulent, alors que c’est l’inverse qui est vrai! Car je ne vois pas, pour ma part, de signes d’une quelconque bonne volonté palestinienne allant dans ce sens, mais plutôt d’autres signes négatifs avec cette série de préconditions inacceptables mises par l’AP à toute reprise du dialogue.»

Dans ce contexte polémique et surtout après tous les efforts répétés de Washington pour amener enfin le Gouvernement israélien à avancer cette offre d’une suspension temporaire des constructions, on ne voit plus très bien ce qui pourrait ramener une AP de plus en plus extrémiste et jusqu’au-boutiste à la table des négociations...

Vers une 3ème Intifada d’un nouveau genre...

Pour beaucoup, cette situation bloquée pourrait amener à une situation explosive où la violence anti-israélienne prendrait des formes inconnues jusque-là : « Notre peuple doit lutter pour mettre fin à l’occupation, a ainsi déclaré Mazen à la fin novembre dans une interview à la BBC. Il y a certes l’option militaire qui n’est guère réaliste... Et quand je parle de solution militaire, j’entends la possibilité que les pays arabes déclenchent une guerre frontale contre Israël – ce qui n’est pas plausible puisque aucun d’entre eux n’est prêt à cela... Et puis il y a la lutte armée, mais je suis contre, car cela n’amènera que destruction et dévastation pour le peuple palestinien comme on l’a vu lors de la dernière guerre à Gaza!»

Lors du rassemblement tenu à Ramallah pour le 5ème anniversaire de la mort d’Arafat, Mazen devait encore préciser, après avoir donné son «accord de principe» au lancement d’une 3ème Intifada : «Nous poursuivrons la longue et épuisante lutte d’Arafat, menée dans le sang, la sueur et les larmes!»

«Ce que nous voulons, c’est tout simplement appliquer les résolutions votées cet été à la 6 ème Convention du Fatah, a pour sa part déclaré Amin Makboul, le secrétaire général du Conseil révolutionnaire du Fatah. Nous ferons en sorte que des milliers de Palestiniens manifestent chaque jour aux abords des implantations juives et de la barrière de sécurité qui symbolisent l’occupation même! Et ce, en dressant une sorte de siège humain permanent contre les occupants sionistes!»

«La 1ère Intifada avait obtenu un franc succès diplomatique à l’étranger grâce à ce symbole du jeune enfant palestinien faisant face avec ses pierres aux chars Merkava israéliens, explique dans la même veine un autre haut responsable du Fatah. Puis, lors de la 2ème Intifada, Israël eut beaucoup de mal à expliquer au monde qu’il «répliquait au terrorisme» quand il lança ses opérations militaires massives contre nos villes suite aux attentats-suicides en série survenus dans ses centres urbains... Or cette 3ème Intifada devra se confronter sur le terrain aux implantations, et ce, afin de recueillir le maximum de soutien international ». 





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