La campagne pour les législativesde février a déjà démarré…
Alors que les sondages du début octobre – juste après que Tzipi Livni eut échoué à regrouper une majorité de 61 députés pour former un nouveau gouvernement de centre-gauche – prévoyaient la même trentaine de sièges pour le Likoud qu’à Kadima, le parti de Netanyahou a depuis nettement progressé: en effet, les dernières estimations de la fin novembre le créditaient de 34 à 36 sièges, pour seulement 26 à 28 mandats en faveur de Kadima, avec entre 8 et 10 (au lieu de 19 actuellement) pour les travaillistes, pendant que le parti d’extrême gauche Meretz – regonflé par l’arrivée dans ses rangs de nouvelles personnalités – obtenait entre 7 et 8 mandats.
Une ascension du Likoud générée à la fois par la détérioration de la situation sécuritaire au sud du pays autour de Gaza, mais aussi par le retour au grand parti de droite de certaines de ses anciennnes personnalités comme Benny Begin et Dan Meridor… Et ce, alors que l’ex-chef d’état-major de Tsahal, le général Moshé Yaalon, optait aussi pour le Likoud.
Tsipi Livni veut passer à l’offensive contre le Likoud…
Même si elle a obtenu que Shaül Mofaz – qui avait pris ses distances en septembre dernier après son échec aux primaires de Kadima – soit bel et bien son N° 2 sur la liste du parti, la ministre des Affaires étrangères n’a à présent d’autre issue que de contre-attaquer en devenant plus ¬agressive contre le Likoud et contre le parti orthodoxe séfarade Shas, redevenu «l’allié naturel» de Bibi.
Or comme tout cela risque de n’avoir qu’une portée limitée sur l’électorat commun au Likoud et à Kadima qui souhaite un réel changement à la tête du pays, Livni va devoir bientôt se replier sur sa dernière carte: son «honnêteté» et sa probité en politique. Mais la question se pose de savoir si cela suffira à muscler le programme un peu trop «maigre» de Kadima…
Les travaillistes en chute libre !
Si les sondages actuels se trouvent confirmés le 10 février, le Parti travailliste mené par un Ehoud Barak de plus en plus zigzagant et contesté dans ses propres rangs aura perdu la moitié de ses 19 sièges actuels à la Knesset !
Autre sujet d’inquiétude pour Barak : la remontée du parti d’extrême gauche Meretz soutenu par plusieurs «intellectuels de gauche» et d’ex-ministres travaillistes de premier plan. Une percée du Meretz qui s’appuie un programme pacifiste et de «lutte sociale» nettement ancré à gauche, ce qui contraste avec les positions de plus en plus centristes de Barak et de ses amis.
Estimant que le prochain scrutin législatif dotera Israël d’un gouvernement d’union nationale qui, selon lui, «ne pourra que préparer le pays à un futur partage territorial, sans toutefois faire la paix avec les Palestiniens», Arié Shavit, éditorialiste au quotidien «Haaretz», s’est à juste titre insurgé contre le net appauvrissement du climat politique règnant dans le pays: «Depuis 2006, le discours des politiques a encore dégénéré, écrit-il. Les plates-formes des partis ont quasiment disparu, l’importance des enquêtes judiciaires contre certains politiciens a été gommée, et même les débats télévisés ont disparu! Laissant de côté des programmes élaborés et alternatifs, les joutes politiques d’aujourd’hui tournent en fait autour de mots d’ordre simplistes du genre “qui est avec nous’ et ‘qui est contre nous”…»


