La victoire de Barack Obama
Bien que, juste à la veille des élections américaines, plusieurs responsables palestiniens aient confirmé qu’Obama leur avait «promis» qu’il ferait en sorte, une fois devenu président des Etats-Unis, que Jérusalem-Est de¬vienne «la capitale du futur Etat palestinien», et malgré le fait qu’on puisse s’attendre à ce que la nouvelle administration US déploie de gros efforts, courant 2009, pour aider à «solidifier» – grâce, bien sûr, à de nouvelles concessions israéliennes unilatérales… – le dialogue qui s’est maintenu ces derniers mois entre l’Etat hébreu et l’AP, le dossier palestinien ne constitue pas, tout du moins pour l’instant, le sujet le plus préoccupant des futures relations entre Jérusalem et Washington. Et ce, même dans le cas d’un 2ème round – assez probable – de la guerre civile en «dents de scie» menée depuis deux ans entre le Hamas et le Fatah qui verrait des milices islamistes hypermotivées et préparées passer à l’assaut pour renverser les factions armées du Fatah dans les grandes villes arabes de Judée-Samarie afin de prendre aussi le pouvoir à Ramallah – comme à Gaza en juin 2007 – en évinçant le leadership de l’AP mené jusque-là par le président Mahmoud Abbas.
Non ! Ce qui inquiète plus sérieusement les dirigeants israéliens de tous bords, ce sont plutôt les positions d’Obama et des ses conseillers sur le dossier iranien…
En effet, pendant les derniers mois de sa campagne électorale, Obama n’a pas cessé de répéter qu’une fois élu, il préconiserait un «dialogue sans conditions préalables» avec Téhéran. Car le candidat démocrate a toujours été très clair sur ce point, notamment lors de son premier débat télévisé face à son rival républicain John McCain quand il a déclaré : «L’approche actuelle selon laquelle on ne discute pas avec les Iraniens n’a pas du tout fait ses preuves. Et de facto, les tentatives d’isolement de I’Iran menées par la communauté internationale sur l’initiative du président Bush n’ont finalement fait que renforcer le développement son programme nucléaire.»
Obama sur ta future politique iranienne
Partant du principe qu’Obama ne saurait donner son accord à Israël pour lancer une opération d’attaque préventive contre l’Iran et de l’évidence qu’il entend concrétiser dès que possible l’idée d’un dialogue afin de désamorcer les tensions entre Téhéran et Washington (il est même probable que le président sortant, G. W. Bush, profite des deux derniers mois de son mandat pour ouvrir, comme il l’a laissé entendre, un «bureau d’intérêts économiques américains à Téhéran», premier pas vers l’éventuel rétablissement de relations diplomatiques pleines et entières), les dirigeants israéliens sont prêts à s’adapter à cette nouvelle réalité, mais en exigeant de Washington comme précondition incontournable à ce dialogue l’arrêt total et immédiat du programme d’enrichissement d’uranium des Iraniens. Condition qui permettrait de ne pas ignorer les intérêts stratégiques vitaux d’Israël et de ne pas apparaître comme un revirement à 180 degrés de l’Amérique, autrement dit à une capitulation totale face aux exigences hégémoniques réitérées du régime totalitaire et intégriste des ayatollahs…
Voilà pourquoi, après plusieurs semaines de consultations approfondies entre les responsables de la Défense nationale, du gouvernement et de l’armée, le ministère israélien des Affaires étrangères a mis au point une sorte de «guide» sur ce dos¬sier dont le principe est le suivant: une fois Obama devenu président et sauf dans le cas d’une agression armée délibérée de Téhéran, Israël ne lancera pas d’attaque militaire «préventive» contre les installations nucléaires iraniennes. Sa diplomatie tentera plutôt de s’adapter à la politique du nouveau dialogue américano-iranien en demandant que les USA ne discutent pas trop vite avec l’Iran sans condition préalable et surtout sans attendre les résultats des prochaines élections présidentielles iraniennes de juin 2009 qui pourraient provoquer la défaite de l’extrémiste Mahmoud Ahmadinadjad…
Suite à ces consultations internes à Jérusalem et afin d’accompagner ses demandes auprès de Washington, la direction du ministère des Affaires étrangères menée par Tsipi Livni a aussi mis en place quatre cellules de travail chargées de lancer prochainement une vaste campagne internationale d’information contre l’Iran des ayatollahs, sa course folle au nucléaire, ses rêves de suprématie régionale puis mondiale, et son idéologie religieuse totalitaire, voire exterminatrice. Il n’empêche: malgré toute cette bonne volonté évidente des dirigeants israéliens actuels de «composer» avec la modération du nouvel hôte de la Maison-Blanche, jamais l’Etat hébreu n’acceptera de voir son existence menacée.


