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Revue Juive Nr. 9 Ausgabe: Nr. 9 » October 9, 2008

Apres les élections de la communauté de Lausanne-Vaud

Olivier Kahn, October 9, 2008
Une ère nouvelle en vue à la CILVAprès leur élection en forme de «plébiscite», Antoine David et son comité abordent la «rentrée» et les fêtes. Sans béatitude mais sereinement.
IN CORPORE Les nouveaux président et comité (de gauche à droite) Antoine David, Marianne Gani, Pierre Bloch, Mira Goldschmidt, Marc Leipziger, Valerie Melloul, Edouard Argi, Raphael Vadnaï et Sigi Hanhart

Le 23 juin dernier, la Communauté israélite de Lausanne et du canton de Vaud réenvisageait l’avenir avec sérénité. L’annonce en juillet du prochain départ du rabbin Alain David Nacache pour Bordeaux a cependant un peu fait l’effet d’un éclair dans un ciel bleu. Mais, coup de tonnerre ne signifiant pas forcément incendie, c’est avec la même «conviction tranquille» qu’Antoine David compte bien mettre en œuvre le programme autour duquel le comité (sans l’adhésion duquel il ne se serait pas présenté) s’est constitué. Entre le renforcement de l’unité communautaire, l’amélioration de la gestion et le développement des relations internes comme externes, ce programme s’articule autour de trois axes essentiels. Autant de thèmes sur l’esprit desquels, à l’occasion de la «rentrée» le nouveau président revient ici plus en détail.

«Indépendamment de la recherche d’un nouveau rabbin – deux de nos efforts principaux porteront sur la communication et les relations entre la communauté, les écoles juives et la communauté, dit-il d’emblée.»

«Concrètement, certans projets pourraient se réaliser sur des bases solides grâce à la mise sur pied d’ateliers dans lesquels chacun aura droit à la parole et pourra défendre son point de vue, voire l’exprimer dans ‹Shalom›, le bulletin communautaire. Ainsi que par le biais de notre site internet, récemment remanié, qui est appelé à devenir un vecteur d’informations efficace et rapide pour la circulation d’avis différents. En matière de communication, ces ateliers seraient d’un apport considérable pour l’établissement du rapport ou préavis de décisions rendus par les commissions. Il s’agit là d’un espace intéressant d’interrogations, d’idées, de développements, d’explications, permettant à la fois de faire apparaître des problématiques ou des solutions. Ainsi, tout un chacun aurait le loisir de s’exprimer dans un cadre libre sans avoir à garder en lui des revendications contenues, voire refoulées, ne trouvant leur écho que dans une présentation empreinte d’émotion, pour ne pas dire d’explosion en assemblée générale comme nous avons dû le subir récemment.»

«Il y a surtout une intention d’unification. Nous sortons à peine d’une mémorable année 2007 qui aura été particulièrement agitée. Cela ne signifie pas que les comités précédents aient démérité, mais il est important de mettre à profit le nouvel élan qui vient de se manifester. Et il est nécessaire que chacun puisse s’exprimer, qu’il œuvre dans l’intérêt général de notre association sans y mêler ses propres conflits ou intérêts personnels et en ayant soin de faire abstraction d’attitudes par trop passionnelles.»


revue juive: N’y a-t-il pas une contradiction à demander aux gens de s’exprimer tout en leur demandant de ne pas le faire trop personnellement ?

antoine david: Non, une Communauté est une association qui permet à ses membres de partager ensemble des activités qui répondent à leurs besoins en conformité avec les valeurs qui lui sont propres. Chacun doit être conscient de cet esprit associatif et pouvoir exprimer ses souhaits personnels. La première tâche qui nous attend est d’ordre organisationnel et consiste à mettre un certain nombre de choses en place. Ce n’est pas une pierre contre l’ancien comité mais si la Commission de prospective (Copros) et la Commission de gestion (Cogest) ont été instituées, c’est que quelque chose ne tournait pas rond. Mais cela, c’est du passé. Aujourd’hui, il importe que chaque organe statutaire, chaque employé communautaire, chaque membre trouve ou retrouve sa juste place. Une fois cette structure recadrée, la surveillance du respect des statuts et des règles devraient être une source de garantie pour tous de la bonne exécution de l’ensemble des prestations proposées. Les relations internes entre membres, commissions et comité s’en trouveront enrichies à condition que la communication, la transparence, la confiance et un climat de sérénité et d’objectivité soient retrouvés.


D’aucuns diraient que ce ne sont pas là des pensées très exaltantes pour commencer une présidence …

Notre communauté est née au XIXème siècle et ma première pensée, en accédant à cette charge, qui n’est pas pour moi une fin en soi, s’est retournée vers tous ceux qui ont œuvré précédemment pour constituer cette communauté, la maintenir, l’asseoir dans notre société et enfin l’élever au statut d’intérêt public reconnue par l’Etat de Vaud. Toute notre histoire, vieille de plus d’un siècle nous fournit aujourd’hui une autre bonne raison de vouloir assurer la continuité en dépit de difficultés en tout genre que nous aurons à cœur de surmonter.

Comme exposé dans mon discours de candidature, une communauté peut se comparer à une grande famille qu’il n’est jamais simple de gérer. Les besoins personnels sont nombreux, ils doivent être exprimés et satisfaits dans toute la mesure du possible, mais dans les limites que nous imposent nos ressources et moyens pour assumer le rayonnement de cette dite famille et de notre judaïsme.

Toute la difficulté réside dans la maîtrise de cette donnée qui consiste à tisser, par un travail de longue haleine, une toile relationnelle communautaire harmonieuse.


Dans l’immédiat, vous êtes aussi très concrètement attendu sur certains dossiers «chauds» et notamment sur des choix découlant du coût de certaines activités communautaires.

Le déficit de 438000 ressortant de l’exercice 2007 devrait être ramené à 227000 selon le budget 2008 proposé par l’ancien comité, celui-ci ayant eu la sagesse de prendre des décisions importantes permettant une amorce substantielle de l’assainissement de notre déficit annuel. Ce passage d’une gestion «à vue» et empirique à une gestion plus restrictive, plus serrée ne pouvait se faire sans remous et des efforts dans ce sens méritent sans doute encore d’être soutenus notamment dans certains «dicastères» comme ceux du restaurant communautaire, du centre social, du rabbinat. Réduire leur déficit de manière radicale en préconisant leur suppression pure et simple serait facile. Mais il n’en est absolument pas question car ils sont essentiels et fondamentaux à notre vie associative et je ferai tout ce qui est en mes moyens pour les préserver. Il est cependant prématuré d’en dire davantage pour le moment si ce n’est que, en dehors de la réalisation du budget 2008, un coût d’exploitation équilibré sera l’un de nos «chantiers» principaux.


Le recrutement du prochain rabbin rappellera-t-il l’annonce de 2006 qui mentionnait spécifiquement un rabbin-hazan, ce qui avait fait ressortir le fameux witz du rabbin prêchant comme un hazan et du hazan chantant comme un rabbin?

Tout ce que je peux vous dire à ce stade, c’est qu’il ne s’agira pas d’un poste de demi-rabbin ni d’assistant rabbin! Le prochain rabbin ne sera pas en charge de la conduite des offices mais il devrait être en mesure de le faire en cas de nécessité. A ce sujet, des contacts très sérieux ont déjà été pris. J’ajoute que le statut de Lionel Elkaim, notre délégué rabbinique et hazan, n’est aucunement remis en question.


Votre rêve le plus absolu ?

Les récentes années ont mis l’accent sur l’importance et l’impact des problèmes relationnels, personnels. Il est clair que c’est au Comité et aux Commissions de savoir être à l’écoute de nos membres. Mais ceux-ci ne bénéficient pas que de droits, ils ont aussi des devoirs. Cet équilibre délicat qui aboutit en définitive à la volonté de former une Communauté juive d’obédience ortodoxe et unitaire doit être géré. Là, autant que d’argent frais, c’est de confiance mutuelle que nous avons besoin. Avec une meilleure organisation, plus de transparence, plus de proximité, nos six cents foyers retrouveront l’esprit communautaire, donc de solidarité sans laquelle rien n’est possible. Je rêve donc d’être un président répondant aux attentes de tous les Juifs – religieux ou non – formant notre belle Communauté lausannoise et vaudoise, respectueuse du passé, chaleureuse et active au présent et ouverte sur l’avenir. Que ceux qui souhaitent rejoindre notre famille communautaire aux buts empreints de judaïsme et/ou d’intérêts pour Israël,

soient les bienvenus. Et que, dans cet état d’esprit, nos membres resserrent leurs liens entre eux et envers notre comité afin d’intensifier notre unité, notre cohésion communautaire !

Propos recueillis par Olivier Kahn





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