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Revue Juive Nr. 10 Ausgabe: Nr. 10 » October 9, 2008

Délégation économique en Suisse

Alexander Alon, October 9, 2008
A la recherche des meilleures performancesUne délégation de managers israéliens rencontre l’élite de l’économie suisse et de la politique.
Networking en Suisse Des managers israéliens rencontrent Peter Brabeck-Letmathe (g.) et Paul Bulcke, de Nestlé

Les Chambres de commerce Suisse-Israël et Suisse-Etats-Unis ont organisé le 11 septembre dernier un «networking-event». Les économistes Schlomo Maital et Lester Thurow ont parlé des différents aspects de la globalisation. Thurow pense que la récession actuelle évoluera en forme de V: l’abrupte chute sera suivie d’une remontée tout aussi abrupte. Selon lui, le mal fondamental réside dans le fait que l’économie est globale, alors que la politique travaille de manière locale, et qu’il est impossible de maîtriser la crise sans concertations politiques à l’échelle mondiale. A son avis, l’Amérique a déstabilisé le dollar américain par le passé pour suivre ses propres intérêts, et l’économie globale ne peut par contre fonctionner sans une monnaie mondiale stable. Dès lors, le dollar américain ne remplit pas les conditions d’une monnaie mondiale, et l’euro pas encore.

«Benchmarking»
Maital et Thurow dirigent le TIM Global, le Technion Institute of Management, qui forme des dirigeants d’entreprises israéliennes de haute technologie pour en faire des managers compétents sur le marché globalisé. Pour ce faire, ils emploient des méthodes inédites de formation, notamment le «benchmarking», qui permet aux participants de s’orienter sur les «best performances», les meilleures performances d’entreprises comparables – mais pas forcément du même secteur industriel – dans des pays possédant des conditions-cadres similaires. Les conférences des deux professeurs ont marqué le point final d’une visite de benchmarking, qu’ont faite les managers de quatre entreprises israéliennes – la société pharmaceutique Perrigo, la société Ceragon Networks, qui produit des services pour les exploitants de réseaux mobiles, l’entreprise immobilière et de construction Tidhar et l’entreprise de jeux online 888 – dans le cadre de leur stage de formation au TIM.

«Personne ne comprend mieux le monde que la Suisse», déclare Maital, directeur académique de TIM Global en exposant les raisons qui l’ont poussé à venir en Suisse cette année. Dans un entretien avec la «revue juive» Maital explique qu’il s’agit de comprendre le secret d’un pays, dans lequel 35 entreprises globales ont installé leurs quartiers généraux. Ce sont parfois des choses toutes simples qui déterminent les sociétés à se baser dans un certain pays: propreté, bonne infrastructure, bon système scolaire ou écoles avec enseignement en anglais. L’estime dont jouissent les minorités linguistiques en Suisse a également frappé les managers israéliens chez Nestlé. «Au siège de Nestlé, on parle 32 langues, mais dans un meeting, on choisit toujours de parler la langue de la minorité», raconte Maital d’un ton admiratif. Compte tenu de ses minorités politiques, Israël a beaucoup à apprendre de cette compréhension démocratique, qui prône le respect de la minorité. Et ce n’est pas pour rien que lorsque Yoram Yahav, CEO de TIM, a demandé à Pascal Couchepin, président de la Confédération, en quoi consistait «l’âme» de la Suisse, ce dernier répondu par «consensus et compromis».

Etude sur le terrain avec vidéo
Pendant les quatre jours de la visite de benchmarking, TIM a réussi à parler avec quelques-unes des personnalités les plus éminentes de la politique et de l’économie suisse. Après avoir rencontré le président Couchepin à 7 h 15 (du matin…), la délégation s’est ensuite rendue à Vevey, où elle été reçue par Peter Brabeck-Letmathe, président du conseil d’administration et Paul Bulcke, CEO de Nestlé. Le voyage s’est poursuivi à Genève, au siège de STMicroelectronics, l’un des plus importants fabricants du monde de semiconducteurs. Avec Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, la délégation s’est entretenue de l’avenir de commerce mondial. Les deux dernières journées ont été tout aussi bien remplies de discussions, notamment avec Alfred N. Schindler, président du conseil d’administration du groupe Schindler, Thomas Wellauer, membre de la direction et Head Corporate Services de Novartis, Boaz Barack, Chairman Wealth Management Israel de l’UBS, Jean-Daniel Gerber, chef du Secrétariat d´Etat à l´économie et Aymo Brunetti, chef de la Direction de la politique économique en Suisse. Pour conclure, la délégation a visité le Credit Suisse et y a rencontré Walter B. Kielholz, président du conseil d’administration. Comme l’a expliqué Maital, ces rencontres ont lieu à huis clos à la demande des entreprises qui y participent.

Maital explique encore que grâce à ce qu’elles font découvrir aux participants, les rencontres personnelles avec des politiciens et des personnalités de l’économie les aident à relativiser les impressions livresques qu’ils ont reçues. Les visites dans les entreprises deviennent ainsi de très instructives études sur le terrain, qui de temps à autre sont documentée par vidéo. Maital prône également cette approche, que l’on appelle «grounded theory approach» pour la recherche en management. Le but est de découvrir, de nouvelles méthodes, de les généraliser et de constamment contrôler leur efficacité. Pour les participants, cela signifie que dans le meilleur des cas, ils appliqueront dans leur propre entreprise les connaissances qu’ils ont engrangées à Zurich.

Alexander Alon





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